Les émissions de carbone de l’avion

L’avion est devenu en quelques décennies un moyen de transport presque comme un autre. La réduction des prix de billets avec l’arrivée de compagnies low cost ou financées par des Etats ainsi que la croissance très rapide de classes aisées dans les pays en voie de développement a mené à une explosion du traffic aérien en une cinquantaine d’année. Globalement, les émissions de carbone liées au traffice aérien sont d’environ 4%, bien moins que le transport routier (environ 15%). Cependant, ce moyen de transport, malgré son coût de plus en plus accessible reste l’apanage d’une minorité. Cela implique qu’au niveau individuel, l’avion prend une place démesurée dans l’empreinte carbone des personnes ayant recours à ce transport.

Seuls les vols effectués à titre individuel sont à comptabiliser

Dans le cadre du calcul de son empreinte écologique, seuls les vols effectués à titre personnel sont comptabilisés. En effet, les vols professionnels sont intégrés dans les bilans des entreprises et comptent alors en bout de chaîne dans les achats que chacun de nous fait. Par exemple, si l’on travaille dans une entreprise de secteur automobile et que l’on est amené à voyager pour visiter des fournisseurs à l’étranger, les émissions engendrées par ces déplacements seront intégrés au bilan de l’entreprise et in fine au coût de production d’une voiture. Cela n’empêche bien sûr pas de privilégier le train lorsque l’on peut pour des voyages professionels !

Le tableau récapitulatif des émissions liées au transport aérien via la calculateur WWF est le suivant :

Plus de 50 heures 13.48
Entre 25 et 50 heures 6.74
Entre 15 et 25 heures 3.59
Entre 8 et 15 heures 2.07
Entre 2 et 8 heures 0.9
Moins de 2 heures 0.36
Jamais 0

Si l’on reprend les estimations de l’agence européenne de l’environnement les chiffres sont légèrement supérieurs, sans doute du fait des hypothèses assez réductrices de 88 passagers par vol.
En effet, lorsque l’on effectue par exemple un vol de 20 heures A/R, on parcoure environ 15.000 kilomètres. Pour 0.285kg de CO2 émis par kilomètre on arrive donc à 4.2 tonnes de CO2 émises pour ce vol. C’est plus que les 3.59 de WWF. L’ordre de grandeur est cependant le même. Cela a donc des implications énormes dans l’empreinte carbone, car en quelques heures seulement on peut dépasser le seuil d’émission correspondant à la limite individuelle à ne pas dépasser. Pour mémoire celle-ci se situe aux alentours de 4.3 T de CO2 par an pour WWF.

Le kilométrage, vrai problème du transport en avion

Le grand problème avec l’avion c’est qu’il n’a aucune alternative sensée au-delà d’une certaine distance. En Europe, le train est une alternative très crédible sur des distances allant jusqu’à 2000km. Au-delà et surtout dès qu’il s’agit de traverser un océan, l’avion est la seule option avec un coût et une durée crédible. Si l’on souhaite donc rester dans les clous, il est difficile de continuer à prendre l’avion et il faut envisager un autre rapport au voyage. Prendre ou ne pas prendre l’avion rentre donc dans une categorie assez difficile de choix, ou chacun doit peser le pour et le contre.

Pour ma part j’ai décidé d’expérimenter une année sans avion en 2019. Se priver de voyager en avion ne me semble pas une solution à long terme. Cependant, il faut repenser la notion de tourisme, et je ne souhaite plus pour ma part effectuer des vols longue distance pour passer quelques jours au soleil. Le voyage est une opportunité merveilleuse de s’ouvrir au monde, et il y a bien des façons plus responsables de s’initier à de nouvelles cultures. Pourquoi ne pas envisager des séjours plus longs et moins fréquents dans les pays lointains ? Il y a déja tant de belles choses à voir en France ou en Europe, sans avoir à prendre l’avion. Tout est une question d’équilibre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *